Synopsis, forme

Avant le début de la pièce, les musiciens/ennes jouent dans la rue, boivent du schnaps, essayent de récolter de l’argent, abordent les passants, les invitent éventuellement à venir voir la pièce. Le public rentre dans la salle et s’assied peu à peu. Les interprètes rentrent aussi, de façon désordonnée et chaotique.

Progressivement, la scène est plongée dans l’obscurité. Seule une faible lumière éclaire la contrebassiste qui joue et siffle une danse roumaine de Bartòk, très doucement. Seulement à ce moment le public doit remarquer que la pièce a commencé. Une bouteille de schnaps tombe par terre, interrompant brutalement la musique et donnant le véritable coup d’envoi de la pièce.

Celle-ci commence donc, apparemment en forme de représentation qui évoque le cirque, avec divers numéros guidés et commentés par une voix off. Un solo follement virtuose au violon, un numéro d’acrobatie oculaire de la contrebassiste, etc. Ces numéros de «cirque» ressurgiront au cours de la pièce, par exemple avec un clown surgi de nulle part, ou une interprétation de Schlager pathétique d’une patiente échappée de l’asile…

Cet aspect burlesque souligne les clichés romantiques dont la vie de nomade est souvent affublée…la vie au grand air, les concerts au coin du feu, la vie de cirque,… Ces même clichés ont d’ailleurs toujours été très appréciés du grand public: combien de gens continuent à se déguiser en gitans à carnaval alors qu’ils votent contre l’ouverture de place de passage à ces derniers… !

Mais ces scènes de cirque vont progressivement dériver vers des atmosphères plus inconfortables, ou vont être interrompues soudain par d’autres scènes, nettement moins rigolotes, comme si le cirque échappait au contrôle de sa propre mise en scène…

Un tour de magie qui n’en est pas un, une scène de contorsion obscène, des lectures et projections d’archives, un contrôle médical ainsi que le Dr. Siegfried et ses collaborateurs les effectuaient sur les enfants, ou encore une scène de femmes dans un asile psychiatrique…Ces autres scènes sont directement inspirées des archives de Pro Juventute et du rapport Leimguber-Meier-Sablonier de 1998.

Les voix off constitueront un fil rouge au travers de l’histoire, commentant les numéros burlesques, citant ou lisant tour à tour des textes de Mariella Mehr, des archives, des poésies, etc…

De façon générale, la pièce s’éloigne de plus en plus de l’atmosphère de cirque pour plonger dans un univers de rêves, de souvenirs et de cauchemars…